Publié par : Maxime | 12 août 2009

Couper les vivres au Bloc

Il s’agit d’une vieille trouvaille qui sert depuis quelques jours d’épouvantail par les conservateurs. Depuis 2004, la Loi électorale du Canada a été modifié pour interdire, à l’instar du Québec, les donations des entreprises aux partis politiques et limite ce droit aux particuliers à un plafond de 5000$ par année. Afin de combler le manque à gagner des partis politiques, ceux-ci reçoivent 1,95$ par année par électeur leur ayant accordé leur vote lors de la dernière élection, si le score fut supérieur à 2%.

Le Bloc québécois touche ainsi près de 2,7 millions de $ par année grâce à ce financement public. Or, nombreux sont ceux qui attaque la légitimité de cette allocation parce que le Bloc ne présente que 75 candidats, seulement au Québec, alors que les autres partis doivent assumer un rôle national, a mari usque ad mare, avec le même type de financement. La solution? Restreindre cette allocation aux seuls partis ayant présenté des candidats dans, disons, toutes les provinces du Canada, ce qui disqualifierait de facto le Bloc, parti fondamentalement régionaliste.

Il y a encore quelques années, j’acquiescais à cette idée. Ou à tout le moins à une pénalité parce que le Bloc profitait injustement du système au détriment des autres partis.

Aujourd’hui, je concède aisément que le Bloc profite énormément de la manne que représente ce fiancement public. Cependant, le PCC, en proposant de revoir le financement public, commet deux impairs qui me conforte dans mon opposition à ce gouvernement. En premier lieu, il fait preuve, encore une fois, d’un cynisme politique révoltant. Les règles de financement ont été institués afin d’assainnir les moeurs politiques du Canada. Premièrement, elles visent à limiter, à défaut de l’éradiquer, le patronage politique. Ensuite, elles forcent les partis politiques à adopter des stratégies de financement plus populaire, ne faisant pas appel aux grosses corporations. De plus, elles viennent applanir les inéquités de notre scrutin uninominal à un tour en donnant une raison à de nombreux électeurs d’appuyer un parti marginal, n’ayant aucune chance de l’emporter dans une circonscription en se consolant que ce parti optiendra au moins du financement pour défendre ses idées entre deux campagnes.

Mais finalement, il s’agit là, je crois, d’un mépris honteux envers le choix démocratique des Québécois. Le PCC semble attribué à l’argent du Bloc sa défaite électorale sur le champ de bataille québécois. En fait, il est le seul responsable de ses échecs. Les succès du Bloc sont la conséquence de l’incapacité des autres partis fédéraux à répondre adéquatement à la question du Québec. Ni plus, ni moins.

Les conservateurs tentent de faire indirectement ce qu’ils ne peuvent pas faire directement. Ils ne peuvent pas aller cherche les votes des électeurs bloquistes. Alors ils proposent de détourner leur financement.

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